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Récit du voyage au Cambodge
et dans le Golfe de Siam


Pour ce deuxième voyage en Asie, cap sur le Cambodge et les fabuleux temples d’Angkor ! Les petits temples khmers de Phimaï et de Phanong Rung visités l’année précédente dans l’Est de la Thaïlande avaient été un véritablement enchantement. Ainsi, la tentation était grande d’aller découvrir de l’autre côte de la frontière les temples d’Angkor éparpillés dans la forêt tropicale du Cambodge au nord du lac Ton Lé.

Itinéraire du voyage au Cambodge
et dans le Golfe de Siam


Compte tenu de la courte durée de vacances (2 semaines…), le plus simple était rejoindre Angkor en avion directement depuis la France. Le village de Siem Reap à seulement quelques kilomètres des ruines dispose en effet d’un petit aéroport. Le gain de temps est considérable et ce n'est finalement guère plus coûteux (en s’y prenant à l’avance) que de faire le fastidieux et interminable trajet par la route où les divers check points sont autant de prétextes à instituer un véritable racket organisé des backpapers.

Fort de notre mauvaise expérience avec la compagnie Gulf air l’année d’avant (vol apocalyptique avec escales multiples et non prévues, odeur lancinante de pois chiches trop cuits dans l’avion, ivrognes faisant pipi sur leurs sièges d’avion … véridique !). Nous optons cette fois pour la formule luxe : Vol direct Paris – Bangkok avec la Thaï. Horaires et services impeccables, rien à redire !

Nous arrivons à Bangkok au petit matin. Petite escale de 3 heures qui nous donne l’occasion d’une promenade dans le marché à proximité de l’aéroport de l’autre côté de la voie ferrée. Nous retrouvons instantanément toute l’ambiance de la Thaïlande que nous avions adorée l’an passé : des personnes incroyablement gracieuses et avenantes, les odeurs enivrantes des épices et des saveurs s’échappant des woks des restaurants du marché …

Retour à l’aéroport. Le deuxième petit avion à hélices nous amène en moins de 2 heures au Cambodge à Siem Reap, tout proche des ruines d’Angkor. Nous trouvons sans problème la petite Guesthouse tenue par un médecin retraité francophone qui avait fait le tour du monde (Union soviétique, Cuba, Angola …) au temps de l’âge d’or du bloc de l’Est. Que de souvenirs à raconter !

Le temps de poser les sacs et nous faisons une première ballade dans Siem Reap. Le médecin nous conseille de louer un tuk tuk (= mobylette tirant une petite charrette en bois recouverte d’un toit ) pour 3 jours afin de visiter les temples d’Angkor éparpillés dans la jungle sur plusieurs kilomètres. Incontestablement la meilleure formule pour visiter les temples ! … avec aussi le vélo pour les accros du deux roues.

Nous avons même le droit à un petit bonus en plus des 3 jours prévus de visites : la possibilité d’aller voir le soir même le coucher de soleil sur la colline de Phnom Bakheng qui surplombe une jungle s’étendant à perte de vue et d’où émerge dans le lointain les sommets du temple d’Angkor Vat.

La promenade en tuk tuk est un vrai plaisir : on assiste aux premières loges à toute l’animation des bords de route et la brise du soir vient opportunément rafraîchir une journée qui aura été caniculaire.

Sur la route qui sépare Siem Reap des temples d’Angkor, une ribambelle d’hôtels au standing élevé est en construction sur plusieurs kilomètres. L’endroit se prépare manifestement dans un futur proche à accueillir un tourisme de masse (nouss sommes en 2006). L’entrée en tuk tuk sur le site d’Angkor en magique : la splendeur de la forêt, la sérénité des grands canaux, la majesté des tours d’Angkor Vat dans le lointain à moitié dissimulées par les immenses banians. Et le tuk tuk filant tout droit s’enfonçant de plus en plus dans l’obscurité de la forêt.

Mais arrivé au pied de la colline de Phnom Bakheng, le rêve tourne au cauchemar ! C’est manifestement « the place to be » au coucher du soleil, et donc logiquement tout ce que la région compte de touristes s’est donné rendez-vous ici. Embouteillage monstre sur le petit escalier aux marches ancestrales qui conduit au sommet de la colline. Certes j’avoue être un peu agoraphobe … mais là, c’est vraiment digne de l’escalator en panne du Forum des Halles de Paris le premier samedi des soldes (pour ceux qui connaissent …). Bigre ! les 3 jours de visites vont-ils comme ça ? En fait heureusement pas du tout, ce sera l’une des seules fois où nous croiserons les foules…

Du sommet de la colline de Phnom Bakheng, il faut cependant l’avouer, c’est vraiment joli. Le beau spectacle du soleil couchant sur une forêt tropicale s’entendant à perte de vue. Et un peu partout autour de nous, le sommet d’innombrables temples khmers perçant l’écrin de verdure.



Tels Ransome dans le livre « La mousson », nous contemplons « les flots du soleil qui dorent d’un dernier embrasement les banians, les pierres des temples, les bougainvilliers écarlates avant de sombrer à l’horizon et d’abandonner le pays aux ténèbres. On eût dit que l’univers tout entier, pendant une seconde, s’immobilisait pour se précipiter ensuite dans l’abîme de la nuit. C’est l’heure où l’air tranquille se charge du lourd parfum mêlé des fumées de bois, des bouses de vaches et des jasmins ».

Le retour sur Siem Reap en Tuk Tuk se fait dans la fraîcheur de la nuit rapidement tombée

Jour 3 à 5

3 jours pleins de visite des temples d’Angkor ! C’est le minimum pour ne pas repartir avec la frustration d’être passé à côté de pleins de choses merveilleuses. Ces 3 jours ont été un enchantement permanent. Avec le recul de tous les autres voyages, Angkor est incontestablement l’une des plus belles choses à voir sur terre, l’un des « 10 lieux qu’il faut avoir vus dans sa vie » pour paraphraser le bouquin de Schultz.

La formule avec laquelle nous avons visité le site d’Angkor compte beaucoup dans cet engouement : en tuk tuk avec chauffeur, avec une liberté totale sur les lieux de visites, l’ordre des visites, le temps passé sur chaque site …

En choisissant bien les différents lieux en fonction des horaires, il était encore possible d’avoir les temples quasiment pour nous tout seul lors des visites. Calme garanti très tôt le matin, à l’heure du déjeuner et à partir du milieu d’après midi. Les temples sont innombrables et tous différents les uns des autres. Je me contenterais de mentionner ici mes coups de cœurs, les incontournables absolus :

LE BAYON : Incroyable fantaisie architecturale, avec tout loisir de se perdre dans cette forêt de colonnes de pierres et ces centaines de visages aux sourires énigmatiques et mystérieux.



TA PROHM : Ce site fabuleux a été laissé quasiment dans le même état qu’à l’époque de sa découverte, avec la végétation partant à l’assaut des ruines, les racines des arbres gigantesques enlaçant les piliers des temples. La beauté des origines telles que l’avaient découverte les explorateurs du 19ème siècle !





PREAH KHAN : L’un des plus grands temples du site, une véritable ville de pierres en cours de restauration avec des endroits où les forces végétales de la forêt semblent engloutir dans leurs entrailles des parties entières du temple et cacher au regard des curieux le corps sensuel des samsaras délicatement sculptées dans la pierre



ANGKOR VAT : Le temple principal d’Angkor est bien sûr incontournable ! Splendeurs des bas reliefs. La montée au plus haut étage du temple offre une vue splendide. Mais attention au vertige dans les escaliers de la descente … super raide.





BANTEAY SREI : Très à l’écart des autres temples, il faut bien une petite journée aller retour pour s’y rendre. Mais l’endroit est vraiment unique et d’une beauté incomparable. Les bas reliefs et les détails sur les murs du temple sont d’une stupéfiante finesse. De la dentelle de Bruges sculptée dans la pierre rose ! A proximité, ballade rafraîchissante à l’ombre dans le cœur de la forêt le long de la rivière aux 1000 lingas



Bien sûr, il n’y a pas que ces endroits incontournables à visiter. Le plaisir consiste également à s’arrêter au hasard des envies et à flâner dans les temples plus petits et à l’écart des sentiers battus. Vu l’immensité du site, il n’est pas rare de se retrouver complètement seul dans un petit temple enfoui dans la forêt, à méditer et contempler assis sur une pierre bercé par le bruit des oiseaux.







Jour 6

Après ce début de voyage intensif sur le plan culturel, l’appel au farniente des plages idylliques du golfe de Siam se fait de plus en plus pressant ! 2 options s’offraient à nous : soit continuer au Cambodge et gagner Sianoukville, soit rejoindre la Thaïlande. En dehors d’Angkor, le Cambodge ne nous semblait pas être le pays rêvé pour continuer le voyage. La comparaison avec la Thaïlande voisine était clairement en défaveur du Cambodge : facilités des transports, caractère gracieux et avenant des personnes, gastronomie et même budget (car impossible d’échapper au prix « touristes » au Cambodge), tout nous incitait à regagner au plus vite la Thaïlande.

Le retour vers la Thaïlande se fit en 2 jours. Nous rejoignons tout d’abord la ville de Battambang par une plaisante croisière en bateau : Traversée du Lac Tonlé puis le long des rivières bordées de villages lacustres aux scènes de pêches colorées.

Battambang où nous passons la nuit est une ville à l’allure vraiment épouvantable : rabatteurs pénibles au débarcadère du bateau, immense hôtel fantôme et complètement décati, visiblement désaffecté depuis le départ de l’ONU. 20 ans de Guerres et de Khmers rouges ont laissé des traces … Contrairement à la Thaïlande, la nourriture dans les gargotes du marché est affreuse. Heurk ! les bouts de gras et les pattes entières de poulet laissées dans la soupe … Nous réservons le soir un taxi d’anthologie (voir photo ci dessous ! on comprend que cela puisse donner la grosse tête…) pour quitter cette ville affreuse au plus vite le lendemain dès l’aube.




Jour 7

Le taxi nous conduit jusqu’à la ville frontière de Païling, encore plus lugubre que Battamgang. Un repère de trafiquants de pierres précieuses et de bourreaux khmers rouges venus y terminer incognito leurs vieux jours. Et comme beaucoup de villes frontières, un cortège de casino miteux remplis de péripatéticiennes … Le Cambodge semble vraiment encore un pays à la dérive à l’écart du formidablement développement du reste de l’Asie…

Ouf ! La frontière est enfin passée ! Welcome in Thaïland ! Premier signe visible de changement, le chemin de terre laisse la place à une belle route récemment asphaltée. Un petit kilomètre avec nos gros sac à dos dans ce no man’s land et nous atteignons le premier village thaïlandais. Humm ! ! ! Les pad’ Thai sont toujours aussi délicieuses ! ! On retrouve vite nos repères.

La Thaïlande ne semble pas avoir changé : ici, tout si paraît simple ! Un petit trajet en moto taxi (quelle allure ! à deux et notre gros sac à dos sur la minuscule mobylette…) et nous voici déjà sur la grande route reliant Sa Kaeo à Chanthaburi. Mini bus puis bus de ligne, nous voici arrivé en fin d’après midi à Laem Ngop / Trat pour embarquer à destination des îles du golfe de Siam.

Que de changements depuis l’an dernier ! En l’espace d’un an , le petit embarcadère artisanal de Trat c’est transformé en véritable Hub de transports ultra modernes. Une illustration frappante du fulgurant développement de l’Asie ! Ce n’est plus un bateau toutes les 2 heures qui part sur l’île de Ko Chang mais dorénavant 10 par heures ! Tous les hôtels qui étaient encore en construction sur l’île doivent maintenant être achevés et pleins à craquer…

Du coup, changement de programme de dernière minute : nous n’irons pas à Ko Chang mais choisissons une île plus éloignée : Koh Maak. Nous y arrivons au coucher du soleil et trouvons facilement un bon petit bungalows à proximité du rivage. Heureux de pouvoir nous prélasser dans cette île enchanteresse du bout du monde après toute cette journée de transport.



Jour 8 à 10

3 jours de farniente sur l’île de Ko Maak. L’île correspond exactement à ce que nous recherchions : de longues plages paradisiaques s’étendant sur des kilomètres où il fait bon se promener, magnifique cocoteraie à l’intérieur de l’île, pas de bruits intempestifs de bars branchés pour australiens. Rien de particulier à faire mis à part la baignade, la sieste, le bouquinage, les promenades et le farniente sans oublier la délicieuse gastronomie locale. Le plaisir d’oublier la notion de temps !



***

Mon amour, mon coeur, Songe à la douceur, D'aller là-bas, vivre ensemble ! Aimer à loisir, Aimer et mourir, Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés, De ces ciels brouillés, Pour mon esprit ont les charmes, Si mystérieux, De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants, Polis par les ans, Décoreraient notre chambre; Les plus rares fleurs Mêlant leurs odeurs Aux vagues senteurs de l'ambre, Les riches plafonds, Les miroirs profonds, La splendeur orientale, Tout y parlerait A l'âme en secret Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe,calme et volupté.

Vois sur ces canaux Dormir ces vaisseaux Dont l'humeur est vagabonde ; C'est pour assouvir Ton moindre désir Qu'ils viennent du bout du monde. Les soleils couchants Revêtent les champs Les canaux, la ville entière D'hyacinthe et d'or ; Le monde s'endort Dans une chaude lumière

Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe,calme et volupté.

d'après Charles Baudelaire - L'invitation au voyage


***

Jour 11 et 12

Changement d’île, changement d’ambiance ! Nous rejoignons l’îlot de Ko Wai, le coup de cœur du voyage de l’année précédente en Thaïlande. Snorkling au milieux des coraux et des petits poissons au programme … Las ! Le paradis qui nous avait enchanté l’an dernier n’est déjà plus ce qu’il était ! Les choses changent si vite dans ce pays ! Les bateaux bruyants en provenance de l’île voisine de Kho Chang n’arrêtent pas d’aller et venir, déversant régulièrement sur la petite plage de Kho Wai des flots de touristes inscrits à un « snorkling day tour ». Ce n’est donc pas vraiment le calme et la sérénité auxquels on pourrait s’attendre dans ce décor paradisiaque de carte postale. Nous regrettons l’idyllique et si paisible île de Kho Maak.



Jour 13 à 16

Pour la fin du voyage, retour vers la trépidante Bangkok qui nous avait charmé l’année d’avant et que nous retrouvons avec plaisir. Des nouvelles tours et centres commerciaux semblent encore avoir surgit du sol depuis l’année précédente ! Quel développement foudroyant ! Nous apprécions de retourner dans les endroits que nous avions déjà bien aimé la dernière fois : le palais royal, le grand marché de Chatuchak, le marchés aux Amulettes, les meilleurs restos thaï de la ville… Nous explorons cette fois un peu plus les sites périphériques : l’autre rive de la rivière Chao Praya, le temple de l’aube, les innombrables klongs de Bangkok, la ferme aux serpents ….

Un dernière surprise de taille ! En nous promenant le long d’une grande avenue, nous sommes stupéfait par la déco hallucinante que nous avons sous les yeux (cf. photo ci-dessous) ! Ils sont pas beaux ? Ca fait un peu « culte de la personnalité » quand même …

Les Thaïs ne lésinent pas sur les moyens lorsqu’ils reçoivent un chef d’état ! A l’entrée d’un beau temple, un attroupement d’écolière sur leur 31 semblent attendre quelque chose, drapeaux tricolores à la main … Soudain une série de berline s’arrête et qui en sort ? Mr président accompagné de Bernie !





Mes peintures inspirées du voyage au Cambodge



Le royaume du tigre




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