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La carte de l'itinéraire en Croatie et Monténégro

Récit du voyage en Croatie et Monténégro




C’était il y a 18 ans et je n’en garde que quelques brides de souvenirs. Le pays s’appelait alors la Yougoslavie. Une contrée restée dans mes souvenirs d’enfant comme un pays de cocagne et le pays du Sceptre d’Ottokar. Une âme slave aux accents d’Italie, un communisme finissant mais qui conservait encore sa bonne mine sous le soleil radieux de la Méditerranée . Les mélodies slaves qui s’échappaient des champs d’oliviers descendant vers la mer.

Les photos de l’époque avaient été égarées il y a longtemps dans les déménagements successifs. Je me rappelais de très peu de choses : de ce monastère perché sur un nid d’aigle au Monténégro, dominant une vallée ou un de ces rois du passé avait tracé une route dont les contours reprenait le nom de sa Dulcinée, de cette icône orthodoxe achetée à Mostar, de ma mère que nous avions perdue de longues heures sur les remparts de Dubrovnik (enlevées par un rustre croate ?). j'avais presque l'impression de découvrir ce pays comme pour la première fois.

La ville de Dubrovnik :


JOUR 1 : Nous atterrissons à l’aéroport de Dubrovnik à la tombée de la nuit. Nous prenons aussitôt la direction de la vieille ville en prenant sur une vingtaine de kilomètres une route côtière en corniche au tracé audacieux (construite par qui ? par Napoléon bien sûr ! Il a vraiment été partout celui là !). La nuit est déjà tombée et nous devinons à peine la mer. Au détour d’un virage haut perché, les remparts de Dubrovnik illuminés dans la nuit noire apparaissent en contrebas. Nous nous perdons 3 fois dans Dubrovnik, capitale mondiale des sens uniques et du stationnement difficile (un patrimoine mondial de l’humanité, ça se préserve !). Ouf ! Malgré l’heure tardive, nous trouvons le petit hébergement en plein cœur de la vieille ville et repéré auparavant sur le web. Une fois les bagages posés, première ballade nocturne dans la vieille ville. Le printemps est déjà bien avancé en ce début d’Avril. Les orangers et les citronniers ont déjà leurs fruits gros comme des poings et diffusent un peu partout dans la ville leur délicat parfum. Hummm les vacances en amoureux. J* est encore tout bronzé de ces précédentes vacances. L’air est très doux comme dans une belle soirée d’été.

JOUR 2 : A nous la vieille ville ! Petit déjeuner ensoleillé sur la Placa, la rue principale de la vieille ville. La réflexion du soleil sur le dallage en pierres de Brac polies et lustrées par les siècles est éblouissante. Lunettes de soleil de rigueur. Les édifices baroques de la Placa forment un vrai décor de cinéma. Le tour des remparts tient toutes ces promesses. Vraiment magnifique. Surplombant tantôt la mer, tantôt les toitures de la ville flambant neuves. La plupart des destructions de la guerre semblent avoir disparu. La tuile qui a servi à refaire les toitures de la ville a été donnée par la ville de Toulouse (ils sont bien ces toulousains !). En voyant à quel point est proche la crête de la montagne sur laquelle les Serbes avaient pris leurs positions pour pilonner la ville pendant la guerre, on se dit que la ville a vraiment du vivre des heures terribles !

Les vacances, c’est aussi fait pour se reposer. Le marathon touristique s’interrompt aux heures chaudes de la journée par une longue sieste crapuleuse… Nous sirotons l’apéro du soir dans un cadre très original et enchanteur : entre les remparts et l’océan, quelques tables ont été placées sur des terrasses en escalier descendant vers la mer. Calme absolu bercé par la légère mélodie de crouners des swinging fifties. L’endroit idéal pour déguster quelques vins croates. Pas mauvais ma foi !

Dubrovnik du soleil du matin aux lumières du soir :


JOUR 3 : En route pour le Monténégro et les bouches du Kotor ! seulement à quelques dizaines de kilomètres de Dubrovnik par la route du Sud. Le poste frontière flambant neuf a été refait par l’U.E. Plus étonnant encore, la monnaie de ce petit pays est … l’Euro depuis que les Monténégrins ont décidé il y a quelques années de se séparer des serbes (décidément plus personne ne les supportait ceux la !). La route qui longe le littoral est vraiment magnifique avec ces montagnes altières aux sommets encore enneigés qui plongent en à pic dans la mer.

A la sortie d’un village, nous voilà arrêté par la maréchaussée locale. Nous avions oublié d’allumer les phares de l’auto (obligatoire dans ce pays même en plein jour). Le policier nous dit qu’il faut payer « 50 euros d’amende » dans un anglais approximatif. Nous faisons mine de rien comprendre à ce qu’il nous raconte, ce qui l’oblige à se répéter une dizaine de fois. L’amende descend alors à 40 euros. Bizarre vous avez dit bizarre … Nous –nous excusons alors platement et lui disons à quel point son pays est « joli », mais que si nous devions payer l’amende, nous serions très déçus et nous retournerions illico–presto en Croatie dépenser les devises que nous comptions dépenser dans son pays. Le policier nous sort alors qu’il existe une amende « prix spécial touriste » de seulement 20 euros, à condition d’aller chercher le formulaire B49F315 dans un bureau de poste situé à 40 km. C’est quoi cette république bananière ? Nous faisons à nouveau mine de ne rien comprendre à ce qu’il nous raconte (d’ailleurs est-ce vraiment compréhensible ? ? ?). De guerre lasse, il nous laisse finalement partir sans avoir rien eu à payer.

Le Monténégro et les bouches du Kotor :


Nous reprenons la superbe route côtière qui longe les bouches du Kotor. Escale pique-nique au soleil sur les quais du charmant petit village de Perast : un petit bijou vénitien dans un décor grandiose de Fjord norvégien. J* n’y tient plus et pique une tête dans l’eau bleue du Fjord. Un peu fraîche il paraît. Je ne testerai pas aujourd’hui. La ville de Kotor est mignonne mais sans plus. C’est surtout la route pour y accéder qui est superbe. Aux balcons, quelques vieilles mamies tout droit sortie d’un album de Tintin prennent le soleil.

En Bordurie ou en Syldavie ?


Retour vers la Croatie en fin d’après midi par la rive sud du Fjord. L’existence d’un petit bac maritime nous permet de faire une grande boucle sans revenir sur nos pas. Juste avant Dubrovnik, nous nous arrêtons dans le petit village côtier de Cavtat. Un charmant petit endroit qui fait penser à ce que devait être la côte d’Azur dans les années 50 avant le grand bétonnage qui a suivi. Promenade sur la jetée au soleil couchant. A conseiller à tous les amoureux ! Petit resto fort sympathique où la patronne nous offre le digestif local (Ouch ! Ça arrache !). Nous profitons ensuite intensément de notre dernière nuit dans l’ancienne Raguse.

La côte Dalamate, de Cavtat à la corne d'or sur l'île de Brac


JOUR 4 : Cette fois route vers le Nord avec pour objectif d’attraper le ferry de 11H au port Makarska en partance pour l’île de Brac. Nous passons sur quelques kilomètres en territoire bosniaque. Ne pas se tromper de direction au prochain carrefour !

A la croisée des chemins


Damnned ! La route côtière est semée d’une multitude de travaux avec d’interminables feux alternés. Nous arrivons à 11H04 sur le quai de Makarska et voyons partir le ferry sous nos yeux … le prochain n’est qu’à 18H le soir. Une seule solution, prendre notre courage à deux mains pour faire à nouveau 50 bornes jusqu’à la ville Split où part un autre ferry à 12H30 pour l’île de Brac. Mon homme prend le relais au volant. La route qui surplombe la riviéra de Makarska est une fois de plus superbe.

Ouf ! Cette fois nous avons le ferry de Split. Traversée très courte d’une heure, à peine le temps de bronzer sur le ponton du bateau. Nous ne nous attardons pas au port d’arrivée Supétar et prenons directement la route de la côte sud de l’île vers la légendaire plage de la corne d’or Zlatni Rat : une forme en fer de lance pointue et gracieuse s’avançant loin dans la mer. J* se baigne à nouveau. Cette fois je tente une trempette mais elle est vraiment trop froide (non non je ne suis pas une chichoune, nous étions encore en avril non mais !). J* revient s’étendre au soleil, son corps encore tout recouvert de petites gouttelettes d’eau. La plage, archi -bondée en été est aujourd’hui déserte, seuls quelques véliplanchistes et cerfs -volant s’activent dans le lointain. Comment résister à la tentation ?

Nous dégotons à Bol un superbe appartement pour la nuit, au dernier étage d’une belle villa avec vue plongeante sur la mer et les crêtes de l’île de Hvar qui se découpent au loin… pour seulement 40 euros (même pas le prix du Formule 1 porte de la Chapelle !). Dîner - Pizza sur le front de mer à la tombée de la nuit. Un chanteur has-been massacre des vieux tubes devant une salle vide. J* commande le menu en polonais et ça marche. Les langues slaves sont très proches les unes des autres.


JOUR 5 : Petit dej’ ensoleillé sur la terrasse de la villa surplombant la mer. Et déjà l’heure de plier bagages et de quitter l’île de Brac. Dans le centre de l’île, petit arrêt dans une carrière de pierre de Brac où J* cherche un petit échantillon à ramener (vous voyez la pierre immaculée de la Maison Blanche à Washington ? et bien c’est ça la pierre de Brac). Puis nous rejoignons le port de Supetar par une belle route en pente douce bordée de champs d’oliviers. Et à nouveau le Ferry, mais en direction de Split cette fois ci. La ville de Split est très curieuse, partagée entre un centre ville magnifique (nous y reviendrons plus tard !) et une banlieue monstrueuse constituée de grandes barres d’immeubles qui n’ont rien à envier aux endroits les plus sinistres du 93.

Nous ne nous attardons pas dans Split que nous réservons pour le dernier jour de notre voyage. Direction le nord -ouest et le parc national de Krka (vous vous demandez comment cela se prononce ?) et surtout les spectaculaires Skradinski buk. Une des merveilles naturelles de la Croatie : une succession de cascades d’une très grande beauté au fond d’un canyon à la végétation luxuriante :

Skradinski Buk : Les cascades du parc naturel de Krka


Après un pique-nique de fortune à l’entrée du canyon, l’après-midi est consacrée à la promenade dans le parc dont l’eau est l’élément roi. Des passerelles en petits rondins de bois ont été construites au-dessus des rapides et des cascades, permettant de s’approcher au plus prêt de ce phénomène naturel unique. J* a la chanson ‘Suzanne’ de Leonard Cohen dans la tête. Au pied de la dernière cascade en aval, un grand lagon bleu azur invite à la baignade. J* est bien entendu le premier à se jeter à l’eau. Après deux précédentes tentatives infructueuses ( à Perast et Zlatni rat) je me jette à l’eau !

Petite ballade dans le village de Skradin à la sortie du parc. Certaines maisons portent encore les stigmates de la guerre (impact de balles, éclats d’obus…) Ca fait froid dans le dos. Nous reprenons ensuite la route en direction du nord de la Dalmatie. Nous –nous éloignons progressivement du littoral et pénétrons dans la campagne croate ‘profonde’ (vraiment ‘profonde’). L’architecture des villages traversés devient typiquement slave. Nous arrivons à la tombée du jour dans une pension en forme de tipi indien. Le cadre environnant est superbe : des collines verdoyantes mais déjà assombries par le crépuscule, recouvertes de conifères à perte de vue. En dehors de la pension, rien ne semble ‘bouger’ à des kilomètres à la ronde. Curieuse atmosphère du bout du monde. Nous sommes à seulement quelques kilomètres de la frontière bosniaque.


JOUR 6 : Journée entièrement consacrée à la promenade dans le parc national des lacs de Plitvice, LA merveille naturelle de la Croatie. Tout simplement fabuleux pour qui est un temps soit peu sensible aux charmes de dame nature :

Plitvicka Jezera : Les lacs et les cascades du parc naturel de Plitvice (1/3)


Classé patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco s’il vous plaît. Le parc est magnifiquement aménagé à la manière des National Park de l’Ouest américain : Alliance du confort et de la préservation du cadre naturel. Les Plitvicka Jezera sont une succession de lacs qui tombent en gradin sur des centaines de mètres de dénivelée : cascades de toutes formes, torrents chaotiques, ruisseaux paisibles, chutes d’eau spectaculaire … La couleur des lacs est incroyable ! Là encore, le cheminement sur des petites passerelles de bois permet de s’immerger au cœur de ce phénomène naturel.

Plitvicka Jezera : Les lacs et les cascades du parc naturel de Plitvice (2/3)


Après avoir passé un long moment à déambuler dans les lacs inférieurs, nous empruntons un petit bateau vers les lacs situés en amont du parc. Splendide paysage lacustre. On se croirait vraiment soit dans les Laurentides au Canada, soit au cœur de la taïga russe. Le vert des arbres est d’une fraîcheur éclatante en ce début de printemps. Après avoir marché des heures, nous arrivons à l’orée d’une vaste clairière à l’herbe tendre. Derrière un bosquet d’épais Sapin, l’endroit idéal pour une sieste … évidemment crapuleuse. Avec le pépiement des randonneurs dans le lointain, les bruits de la forêt tout autour ….

La redescente jusqu’à l’entrée du parc se fait en mini-train (vraiment aménager à l’américaine !). Il est tout juste l’heure de prendre l’apéro et de nous diriger vers un grand resto tout en rondins de bois où nous attend le plat traditionnel local : un généreux mix de grillades de toutes sortes (agneau, porc bœuf poulet…). Hummm ! Le nirvana des carnassiers ! ! !

Plitvicka Jezera : Les lacs et les cascades du parc naturel de Plitvice (3/3)


JOUR 7 : Après un copieux petit dej’, nous reprenons la route en direction du Sud. Les forêts de conifères disparaissent progressivement pour laisser la place à un paysage plus méditerranéen. Nous rejoignons Split en longeant la côte adriatique par « la route magistrale » qui passe par de superbes cités vénitiennes : Sibenik, Promisten, Trogir … Il fait suffisamment chaud pour apprécier la baignade sur la plage de Primosten à l’heure de midi.

De Sibenik à Split : l'autre route Napoléon


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